• Je Clame  …

     

     

     

    Que la vie est indestructible, malgré la mort.

     

    Que l’espoir est un vent vif qui doit balayer le désespoir.

     

    Que l’autre est un frère avant d’être un ennemi.

     

    Qu’il ne faut jamais désespérer de soi-même et du monde.

     

    Que les forces qui sont en nous, les forces qui peuvent nous soulever, sont immenses.

     

    Qu’il faut parler l’amour et non les mots de la tempête et du désordre.

     

    Que la vie commence aujourd’hui et chaque jour, et qu’elle est l’espoir. »

     

     

     

     

     

    Martin Gray

     

    (écrivain franco-américain, 1922-2016)

     

     

    CITATION DE ....MARTIN GRAY


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    Elle semble d’abord de ses pas plein d’esprit, effacer de la terre toute fatigue et toute sottise

    .Et voici qu’elle se fait une demeure un peu au dessus des choses, et l’on dirait qu’elle s’arrange un nid dans ses bras blancs. 

    Mais à présent, ne croirait-on pas qu’elle se tisse de ses pieds un tapis indéfinissable de sensations? Elle croise, elle décroise, elle trame la terre avec la durée. Ô le charmant ouvrage, le travail très précieux de ses orteils intelligents qui attaquent, qui esquivent, qui nouent et qui dénouent, qui se pourchassent, qui  s’envolent !  Qu’ils sont habiles, qu’ils sont vis, ces purs ouvriers des délices du temps perdu!!! ces deux pieds babillent entre eux, et se querellent comme des colombes! le meme point du sol les fait se disputer comme pour un grain..  Ils s’emportent ensemble et se choquent dans l’aire, encore ………..  

    Paul Valery  » L »âme et la danse »

     

     

    ballerine

     


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  • Le 3 octobre 1897 naît à Paris un enfant illégitime auquel son père  , préfet de police, donne le nom d’Aragon et son propre prénom.

     

    L‘HOMME QU’AIMAIENT LES FEMMES

     

    Parmi toutes les attitudes rassurantes, Aragon choisit très tôt d’être un bon élève : élève brillant à St Pierre de Neuilly, puis au lycée Carnot, il compose des romans dès 1904 et de la poesie, dictant d’abord ses textes à ses tantes. Lecteur avide, traînant une réputation de surdoué il est bachelier en 1915 et entame des études de médecine.

     

    Il rencontre un jeune étudiant de son âge, André Breton, avec lequel il échange plaisanteries de carabin et extraits d’Apollinaire, il fait en meme temps la connaissance Philippe Soupault, la première triade surréaliste est montée.

     

    Envoyé au Front, Aragon décroche la croix de guerre, et commence à écrire un roman : » Anicet ou le panorama » cette quête de la beauté, d’un dandysme achevé , est rédigée dans le sang et la boue des tranchées et sera publie en 1920.  Après sa démobilisation, Aragon toujours inscrit en médecine, voyage beaucoup, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, il publie  » feu de joie » avec un dessin de Picasso.

     

    Il publie des poèmes du Mouvement perpétuel  et entre au PCF, après Eluard, mais avec Breton et Benjamet Peret, ces derniers plus par provocation que par conviction. Cet été là, Aragon redige le violent pamphlet du Traite du Style, en réaction à l’exécution aux USA de Sacco et Vanzetti. Il détruit une grande partie des milles pages de la  » Défense de l’Infini » ou l’interview collective sur la sexualité qui parait dans deux numéros successifs de la Révolution surréaliste  témoignent d’une grande difficulté, pour Aragon de faire passer ses desirs de la sphere mentale au niveau physique. Ce séducteur dandy se maîtrise mal , dans l’intimité. Abandonné par Nancy Cunard, submergé de problèmes financiers, Aragon tente de se suicider à Venise en septembre 1928.

     

    ELSA EST L AVENIR DE L’HOMME

     

    Il ne tombera jamais plus bas, et tout ce qui suit, apparaît à posteriori comme une tentative raisonnée de sauvetage mental,  quitte à y sacrifier ses talent. En Novembre 1928 il rencontre une certaine Elsa Kagan, elle vit séparée de son mari , c’est sous ce nom d’Elsa Triolet qu’elle se fera un renom en littérature. 

     

    Née en 1896 dans une famille d’intellectuels juifs moscovites, proche des milieux formalistes russes, elle a délibérément  rencontré Aragon à Paris avec le projet de s’en faire aimer. Vivant avec Aragon, elle adopte la langue et la nationalité française et commence l’élaboration d’oeuvres croisées : à un roman d’Aragon répondra, en écho, un roman d’Elsa Triolet.  » je ne suis pas un écrivain » dit elle dans son journal  » je suis simplement une femme malheureuse et j’écris avec mon malheur »

     

    A l’automne 1930 Aragon voyage en URSS  pour représenter les surréalistes au Congres des écrivains révolionnaires. Les communistes de stricte obédience accablent les surréalistes, suspects de derive trotskiste et anarchiste. Aragon choisit son camp, il revient d’URSS avec un poème  » Front rouge » qui rompt avec l’esthétique surréaliste et sonne comme une déclaration de guerre à Breton – le poème vaut à son auteur d’être inculpé pour appel au meurtre . Breton le défend  en publiant l’affaire Aragon . Mais la rupture est consommée entre lui et le surréalisme.

     

    Il épouse Elsa -  Durant toute la guerre, Aragon publie sous différents pseudonymes.  A la libération, Aragon et Elson ne sont pas tendres pour les écrivains suspects de collaboration et exigent et obtiennent des têtes.  Le poète avait prévenu  » je ne pratique pas le pardon des injures ». 

     

    A la mort d’Elsa, vêtu de blanc avec une recherche permanente, homosexuel enfin affirmé , il pose comme un acquis cette vie  » ratée de bout en bout » 

     

    Vilipendé par les uns, encensé par les autres, définitivement décale, commandeur descendu de son socle, il meurt en 1982


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  • Rares poèmes, rares cadences, précieuses rimes, joyaux! les poèmes de Nerval confinent au mystère.. Sans rien proposer qui le résolve, ils le densifient, voilà le charme .

     

     

     

    Nerval ne s’appelle pas Nerval. Le nom de son père est Labrunie, celui de sa mère Laurent. Son père, chirurgien, rejoint la Grande Armée de Napoléon en 1808. Avant de partir, Marie son épouse, met au monde un fils immédiatement confié à un grand oncle aubergiste.  En 1810 Marie meurt; le docteur Labrunie conserve ses bijoux , son portrait, mais quand il revient près dee son fils, en 1814, tous ses objets personnels ont disparu dans la retraite de Russie. Gérard de Nerval ne verra jamais le visage de sa mère. Jamais, en lui, l’identité de la femme n’est apparue. Sa vie entière est une quête désespérée, souvent désordonnée, d’une image féminine qui se dérobe, inaccessible…

     

     

     

    Au lycée Charlemagne  Nerval rencontre Théophile Gautier qui devient l’ami fidèle.Il fait des études de médecine. En 1834 , il hérite de son grand père, voyage en Italie, s’installe à Paris, dans un petit hotel où il reçoit ses amis pour de joyeux soupers, des bals, des fêtes costumées, où la représentation de comédies des temps passés.. Le bonheur. Pas pour longtemps.

     

     

     

    Aux amis qui viennent se divertir dans son hôtel particulier, se mêle une amie. Gérard en tombe amoureux. Elle s’appelle Jenny Colon, elle est comédienne. Pour elle,il utilise le reste de son héritage afin de fonder un périodique : le Monde dramatique qui le ruine.  Il vit de l’écriture d’articles pour divers journaux, ne cesse d’envoyer des lettres enflammées à Jenny qui les lit, se laisse attendrir, hésite à répondre à cet amour extrême et finit par épouser un flûtiste en 1838. Est ce cette année là que se lézarde la pensée de Gérard de Nerval  , que le présent et le passé commencent à  s’y confondre, comme l’amorse d’un exil de la raison ? Rien  ou presque n’inquiète ses proches, jusqu’au jour terrible de février 1841  ou la folie    se cabre en son esprit, comme un cheval fou.

     

     

     

    Lorsqu’il revient à la raison, il apprend la mort de Jenny Colon. Il décide de partir en Orient, visite les îles grecques, l’Egypte, le Liban.. Le nom de Jenny ne le quitte pas.

     

     

     

    Articles pour les journaux, composition de livrets d’opéra, rédaction de son  voyage en Orient, et d’autres voyages – Hollande, Angleterre, Allemagne- Belgique – occupent la vie de Nerval. Ses premières oeuvres poétiques et sa traduction de Faust sont bien loin..    

     

     

     

    Plusieurs fois interné dans la clinique du docteur Blanche, Nerval écrit sa dernière oeuvre, Aurélia, effectue un voyage en Allemagne, peut être jusqu’en Silésie où il tente de retrouver la tombe de sa mère. Le 25 janvier 1855    il écrit à sa   tante qui l’héberge :  » ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche.    Cette nuit là, la température descend à dix huit degrés au dessous de zéro! le lendemain matin, il est retrouvé près du Chatelet à Paris, pendu à une grille dans la rue de la Vielle Lanterne. Que s’est-il passé ? Peut être lui a t-on fermé la porte d’un asile pour vagabonds ?…

     

      Peut être l’a -t-on attaque? L’ agression s’est t-elle transformée en suicide ?  Peut être est ce un accident? Ou bien, au delà de la mort, un signe intemporel…. Paradoxale présence.

     

    Sa poésie, porte ouverte sur la vie des rêves, annonce la poésie moderne et l’insatiable appétit de liberté des surréalistes.

     

     

     

     

     

     

     

    NERVAL EN PENSEES :

     

     

     

    - ô mort, où est ta victoire ?

     

     

     

    - La mélancoloie  est une chose qui consiste à voir les choses comme elles sont.

     

     

     

    - L’ignorance ne s’apprend pas.

     

     

     

    - Que de gens que l’on croit heureux et qui sont au désespoir.

     

     

     

    - Le dernier mot de la liberté, c’est l’égoïsme.

     

     

     

    -  Mon pauvre oncle disait  » il faut toujours tourner sept fois sa langue dans sa langue    avant de parler .. Que devrait-on faire avant d’écrire ? .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    UNE FEMME  EST L’AMOUR

     

     

     

    FACE A LA MER3

     

     

     

    Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;

     

    Aux enfants  qu’elle guide, à l’homme consolé,

     

    Elle élève le coeur et calme la  souffrance,

     

    Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

     

     

     

    Courbé  par le travail ou par la destinée,

     

    L’homme à sa voix s’élève et son  front s’éclaircit ;

     

    Toujours impatient dans sa course bornée,

     

    Un  sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

     

     

     

    Dans ce siècle de fer  la gloire est incertaine :

     

    Bien longtemps à l’attendre il faut se  résigner.

     

    Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,

     

    La  beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

     

     

     

    GERARD DE NERVAL

     


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  • J’ai mis tout mon génie dans ma vie ,je n’ai mis que mon talent dans mon oeuvre…Confidence d’Oscar Wilde à André Gide (1891)

     

     

     

     » Les enfants commencent par aimer leurs parents, en grandissant, ils les jugent,quelquefois ils leur pardonnent » ….. Oscar Wilde…

     

     

     

    Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale, sa mère Jane Francesca Elgée est une femme pleine de ferveur nationaliste, qui, dans les années 1840 soutient la cause irlandaise face à l’Angleterre.

     

     

     

    Après des études classiques au Trinity Collège à Dublin , où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants. Oscar Wilde est admis à l’Université d’Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin  l’un des porte paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que la recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale.

     

     

     

    Oscar Wilde est un élève brillant et distingué, il a des cheveux longs, , il orne les boutonnières de ses costumes d’un lys ou d’un chrysanthème.

     

     

     

    Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance,s a célébrité est grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers poèmes. Il devient très vite l’un des théoriciens de  » l’art pour l’art » et le  » chef des esthètes » , il est invité à donner une série de conférences aux Etats Unis sur l’esthétisme. De retour en Europe, il s’installe à Paris où il écrit deux pièces de théatre   » Duchesse de Padoue »   » Vera ou les nihilistes ».

     

     

     

    Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Hugo. De retour à Londres,il épouse l’une de ses admiratrices Constance Leroy. Ils auront deux enfants. Rédacteur en chef du magazine  » The woman’s »  » World »   il montre ses talents de pamphlétaire et son art du paradoxe. Il s’engage à défendre également la cause féministe. Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes . Il publie également des nouvelles, un essai..Ce roman lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais lui reproche l’immoralité de certains personnages.

     

     

     

    En 1895 Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant, ce qui tourne mal. Finalement c’est le Marquis qui porte plainte devant les tribunaux accusant Wilde de pervertir son fils… Oscar Wilde est condamné pour délit d »homosexualité à deux ans de travaux forcés, il purgera cette peine dans la très répressive prison de Readlig sud de l’Angleterre..

     

     

     

    Il sort de prison le 19 mai 1897 et s’exile en France près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898  » La ballade de la géole » de Reading,  un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier.

     

     

     

     

    Il meurt à Paris en 1900 de misère et de solitude.

     

    OSCAR WILDE


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