• LES EPICURIENS

    LES EPICURIENS ET LA RECHERCHE DU PLAISIR

    LES EPICURIENS

    Si le plaisir, comme le dit Epicure, est le «  souverain bien » et le but de la morale, l’épicurisme n’est pourtant pas un appel à la débauche. Il s’agit au contraire d’une morale ascétique qui associe plaisir et vertu.

    Dès leur naissance, les hommes recherchent spontanément le plaisir, par la sensation de bien être, et fuient la douleur. Epicure estime qu’il est naturel de rechercher le plaisir, car c’est vivre en conformité avec la nature. L’homme malheureux est celui qui a oublié la nature en lui et qui s’égare dans des désirs vains et artificiels. Il lui faut revenir aux exigences naturelles et laisser la nature en lui être juge du bien comme du mal, plutôt que de vouloir juger par lui-même de la voie à suivre.

    C’est par la sensation du plaisir que la nature prononce en nous son jugement. S’il est naturel, le plaisir est ainsi limité : suivre la nature signifie rester dans les bornes que celle-ci impose. Pour ce faire, il convient de distinguer les désirs naturels des désirs vains, des désirs d’opinion. Certains désirs, enseigne Epicure, sont naturels et nécessaires ( boire ou manger), d’autres naturels non nécessaire ( désir sexuel ou esthétique), certains encore ni naturels ni nécessaires ( le désir de gloire ou d’opulence)..La poursuite de ces derniers conduit inévitablement les hommes à l’insatisfaction car ils sont déjà illimités et dépassent la norme naturelle.

    Seule la satisfaction des désirs naturels et nécessaires est source d’un plaisir stable.

    On a pu reprocher à Epicure de ne livrer qu’une définition négative du bonheur. Comment la privation ou l’absence de trouble pourraient-elles constituer le bonheur ? Cette absence de trouble est certes négative, mais comme le dit le philosophe français Marcel Conche commentant cette notion d’ataraxie «  l’absence de désordre est la positivité de l’équilibre » - Ainsi, le «  plaisir du ventre », c’est-à-dire la satisfaction des besoins vitaux, est la condition même de l’équilibre et de la sérénité.

     Pour être heureux, dira sobrement Epicure, il faut manger du pain et boire de l’eau. Le plaisir naturel est au fondement du bonheur véritable du sage. En effet, ne désirant rien qui excède les limites naturelles, celui-ci parvient à un état d’indépendance d’autarcie dans lequel le corps et l’âme s’équilibrent


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