• LE PLUS INSAISISSABLE DES PHILOSOPHES


    Il y' a une énigme Platon  que les interprètes n'ont pas fini de débrouiller après vingt quatre siècles. Ces oeuvres si belles, si littéraires, si limpides , nous ne savons pas exactement quel est leur statut. L'homme Platon, avec sa pensée, se cache en effet dans son oeuvre sous les noms des interlocuteurs de ses dialogues, celui de Socrate en particulier. Il ne parle jamais en son nom propre , excepte dans des lettres dont l'authenticité a été contestée.. Le cas est unique dans l'histoire de la philosophie : lorsque Descartes écrit " le discours de la méthode," , Kant " la critique de la raison pure " ou Nietzche " la Naissance de la tragédie" , on sait que ces auteurs parlent en leur nom propre et qu'ils sont derrière chacune des pensées exprimées dans ces ouvrages. Rien de tel avec Platon...

    Il aimait le pastiche, se plaisait a caricaturer le discours de tous ceux qu'il considérait comme des ennemis de la sagesse, vrais antiphilosophes .

    La rencontre de Socrate décida du destin de Platon... Le Jeune Platon, aristocrate de naissance, brûla alors les tragédies qu'ils avait écrites.. La philosophie serait sa voie et sa vie. Mais si la frequentation du maitre détourne le jeune Platon d'une carrière de poète tragique, n'allons pas croire que l'appel de la dramaturgie été complètement étouffé.

    Platon n'a qu'une vingtaine d'années lorsque son maître bien aimé est condamné à mort. Il est tellement malade qu'il ne peut assister aux sublimes derniers moments du sage dans sa prison et qu'il rapporte lui même dans Phdédon. Cette condamnation et cette mort furent pour Platon un traumatisme qui décida peut être de toute sa pensée : que faut -il faire pour qu'un tel scandale ne puisse plus se reproduire 
    Comme Pythagore, Platon pense que la philosophie ne peut exister que dans une communauté d'hommes bien dirigée. Il n'est pas impossible de lire Platon comme un philosophe essentiellement politique. Platon avait caressé un rêve : celui de devenir le conseiller  du prince : celui de faire du prince un philosophe.. Le hasard aura voulu que Platon tombe sur un tyran Denys de Syracuse. Expérience amère : Platon fut vendu cmme esclave par celui qu'il prétendait transformer en sage!!  Plus tard, Voltaire se plaindra d'être traité en domestique par le roi de Prusse.. Les philosophes ne se sont jamais vraiment rendus compte à quel point ils pouvaient énerver les gens du pouvoir ..  Ce n' est pas parce qu'une pensée est nécessaire que son auteur est indispensable ..


    Le platonisme est le modèle de tous les dualismes philosophiques  : le monde est cassé en deux parts inégales :

    D'un coté  l'être, de l'autre l'apparence, d'un coté la réalité, de l'autre l'illusion, d'un coté la vérité, de l'autre le mensonge .

    Philosopher c'est apprendre à mourir...en transcrivant cette phrase de Platon, Montaigne l'a tirée vers un sens stoïcien  qu'elle n'avait pas à l'origine ..  L'interprétation la plus simple consiste à dire : être sage, posséder la sagesse, c'est s'habituer à la pensée de la mort pour ne plus la craindre... Seulement, on n'apprend jamais vraiment à mourir ..

    Platon plus profondément voulait dire ceci : comme il y'a deux mondes hors de l'homme ( l'intelligible e le sensible) , il y'a deux mondes en l'homme : l'âme , et le corps ..   Philosopher c'est oublier les soucis du corps au profit de l'âme, c'est mettre le corps entre parenthèses pour permettre à l'âme ainsi libérée de se déployer et d'atteindre les idées .. Philosopher, c'est mimer la mort .. L'homme sage joue la mort pour la déjouer ..  

     

     


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  • LE CHOIX DES AUTEURS- DES THEMES- DE L'ÂGE

    Il faut se dire en premier lieu que la philosophie ne s'arrête pas, ni dans notre tête, ni dans la société. Nous pouvons continuer à écrire nos pensées et remarques, à noter les citations qui nous plaisent ou qui nous intéressent, continuer à lire des ouvrages, des journaux ,des revues, continuer à écouter la radio et regarder la TV. Et pas seulement bien sur quand il  est question des philosophes! la réflexion philosophique peut se nourrir d'une infinité d'informations et s'exercer sur quantité de sujets.

     

    D'autre part,nous cherchons les auteurs que nous aimons ou les questions qui nous intéressent, ceux ou celles avec lesquels nous nous sentons à l'aise. Il faut savoir qu'une grande oeuvre philosophique est inépuisable : nous pouvons passer notre existence entière à la fréquenter, nous ferons toujours des découvertes.  Il faut retenir également qu'il existe pour chacun des moments particuliers pour découvrir un auteur.  Une pensée qu'on ne pouvait pas comprendre ni aimer à 18 ou 20 ans peut se révéler importante et " parlante" à 30 ou 40 ans.

     

    LE CHOIX DES "ENNEMIS"

    Il ne faut pas hésiter à faire le compte des philosophes que nous détestons franchement. Il ne s'agit pas de ceux qui paraissent ennuyeux et incompréhensibles, mais de ceux  qui nous paraissent menaçants, dangereux ou nuisibles.. C'est tout à fait important. " on n'est jamais trop soigneux dans le choix de ses ennemis" disait ironiquement Oscar Wilde.  Il est utile d'avoir des sortes de colère dans la réflexion. " comment peut on penser une chose pareille ? Voila une idée impossible ....." Si nous trouvons des philosophes qui suscitent en nous ce genre de réflexion, il ne faut pas les fuir mais chercher à  approfondir notre jugement juste pour comprendre pourquoi nous réagissons ainsi.

     

    LA PENSEE ET L'EXISTENCE

    Il faut tenter de mettre en rapport comme on peut, ce que l'on a compris et ce que l'on vit. Notre existence comme celle de tous les êtres humains va traverser des moments de joie,de détresse, des amours, des deuils, des retrouvailles, des ruptures, des choix moraux, des actes politiques, des connaissances du travail, des voyages.... Tout cela a des rapports avec la pensée. Et la pensée, réciproquement entretient des liens avec tous ces moments d'existence.  Il faut tenter de ne pas l'oublier.

    Dans la vie, ce que l'on pensait superflu ou inutile peut se révèler indispensable. Bref, n'oublions pas que les philosophes existent. Nous en faisons partie, chaque fois que nous le voulons vraiment et que nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour que cette volonté devienne notre réalité.

     

    LA PHILOSOPHIE

     

     

     

     

     


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  • Le temps se manifeste à notre conscience dans un sens unique : le mouvement peut être inversé,le temps ira toujours de l'avant. Le cours inexorable du temps ne permet nul retour au passé.



       D'ailleurs, si nous pouvons revivre le passé , ce serait un passé retrouvé, ayant un gout nouveau, comme un livre relu. Le temps semble donc marquer notre impuissance puisqu'il ne peut décidément ni suspendre son écoulement,ni remonter à sa source.


       L'homme vit en avant de soi, il se projette vers le futur, il aspire à l'avenir comme lieu de réalisation de ses projets. Pourtant, il ne cesse de se lamenter de la fuite irréversible du temps.  Baudelaire voit dans le temps " l'ennemi" et de même Proust part " A  la recherche du temps perdu"... Le passé semble être un paradis dont nous aurions été chassés comme si le passage du temps dégradait toutes choses.

     

    La question est alors de comprendre  ce refus paradoxal du temps, cette nostalgie qui nous pousse à     préférer ce qui n'est plus à ce qui est et ce qui sera..  

     

     


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    A - T- ON BESOIN DE PHILOSOPHES ?

    Dans une société de plus en plus technique, scientifique, électronique, on aurait pu croire que la réflexion philosophique allait finir au musée, pour une visite guindée les jours de vacances. C’est l’inverse. De tous cotés, aujourd’hui, dans des milieux professionnels très divers, dans des pays et des systèmes d’enseignement différents, la nécessité de la réflexion philosophique est reconnue et affirmée.

     

    En 1994 le directeur général de l’Unesco a confié à un philosophe, chercheur au CNRS une enquête mondiale sur la place de la philosophie dans l’éducation des citoyens.. Soixante sept pays ont répondu, représentatifs de toutes les régions du monde et de tous les systèmes d’enseignement. Leur conviction est unanime : la réflexion philosophique est de plus en plus nécessaire ….

    La réponse du Maroc : «  Plus qu’indispensable cet enseignement est vital, au sens fort du terme. Le monde actuel connaît des évolutions à la fois rapides et simultanées. Si les citoyens ne disposent pas d’un outil intellectuel intégrateur très puissant et polyvalent ( la philosophie) les forces qui travaillent notre monde les pousseront dans la voie de la désintégration . Le savoir philosopher développe une forme d’immunité intellectuelle comme les réductions particularistes. « 

    Réponse de la Norvège : il existe un fort intérêt pour l’éthique qui reflète indubitablement les problèmes de la société moderne: justice distributive, contrôle des technologies et questions d’environnement… Les milieux politiques semblent considérer ces questions philosophiques comme légitimes dans une plus large mesure qu’auparavant » .

    Réponse venue du Brésil : Les uns et les autres s’accordent à affirmer que seule la philosophie pourra fournir l’outil critique et démystificateur des présupposés et des effets de la technique ainsi que des discours et des projets politiques qui s’en inspirent ..

    Réponse venue de Turquie : la philosophie constitue peut être la tentative humaine la plus essentielle contre le principe du «  tout fait » et la prétendue égalité des valeurs et de toutes les normes.

    Réponse venue de l’Uruguay : la philosophie est particulièrement indispensable à l’époque où le pouvoir technique dont dispose l’humanité est un pouvoir de destruction réelle de l’autre, de sa propre planète, d’autodestruction de l’homme. Former des hommes qui soient à la hauteur des défis du XXI siècle, ce n’est pas possible sans la philosophie « .

    Quel est le principal reproche formulé contre l’enseignement philosophique par ceux qui voudraient le voir réduit ou carrément supprimé et remplacé par des formations directement utilisables dans la vie professionnelle ? La philosophie ne sert à rien. Alors qu’il ya tant d’apprentissages techniques possibles, débouchant sur des emploi nouveaux, pourquoi donc encombrer les emplois du temps et les esprits avec de vieilles questions insolubles ? Voilà à peu près ce que disent les adversaires de la philosophie. Sous cette forme, le problème est mal posé. Il est absolument nécessaire de ne pas faire entrer en concurrence la formation scientifique technique et professionnelle avec la formation philosophique.

    Toutes les formations dispensées dans le cadre des études supérieures devraient pouvoir inclure des cours de philosophie adaptés à leurs centres d’intérêt. Ces cours ne devraient pas être considérés comme des éléments extérieurs aux études professionnelles et techniques. Ils devraient au contre y être pleinement intégrés. Au lieu d’être considérés comme un temps soustrait aux choses sérieuses et rentables, ils devraient être vus comme un moment essentiel de leur assimilation. Ce qui compte dans l’apport de la philosophie, ce ne sont pas les emplois offerts. C’est le regard différent porté sur ce qu’on fait. C ‘est la compréhension des techniques permise par une interrogation plus large. C’est le partage des perplexités et des subtilités intellectuelles qui font l’humanité.

    Ceci ne convaincra pas les méfiants. Leur argumentation fait valoir que les programmes, partout, sont de plus en plus chargés, les horaires des études de plus en plus lourds et difficiles à organiser. Pourquoi, dans ces conditions, consacrer une partie même minime d’un temps précieux à des considérations qui peuvent être «  intéressantes » mais sont toujours moins u utilisables de manière directe et pratique, que les apprentissages techniques ? C’est un vieux débat. On pourrait ironiser : pourquoi réfléchir, alors qu’il y’a tant de choses à faire ? Pourquoi chercher à comprendre, au lieu d’apprendre ? Pourquoi penser au lieu de faire ? Il est vrai que le règne de la technique peut conduire vers ce type de fonctionnement. Mais l’inhumain est alors possible. Ne croyez pas malgré tout que vous allez devenir «  inhumain » si vous laissez de côté la philosophie pour vous consacrer à une carrière d’ingénieur ou d’informaticien…

    L’aventure philosophique n’est donc ni inutile, ni ennuyeuse n i périmée. En partageant les explorations des philosophes, nous abordons des questions qui sont toujours au cœur des préoccupations des individus et des collectivités : la liberté civile, les fondements des droits de l’homme, l’universalité de l’éthique, la justice, l’égalité, la responsabilité ainsi que, par -delà l’infinie diversité des cultures et des langues, la communauté même des êtres humains.

    On peut rassembler l’essentiel des aventure philosophiques en deux verbes : «  FONDER - » , «  CRITIQUER «  , ces deux fonctions forment l’essentiel de toute la philosophie…

    FONDER constitue la tâche première de la philosophie. Chercher ce qui est vrai, c’est chercher sur quoi reposent nos affirmations. On peut même s’interroger comme l’a fait Nietzsche sur ce qui fonde l’idée même de vérité, sur ce que valent les valeurs. Dans tous les cas, il s’agit de dégager le plus nettement possible l’ancrage rationnel d’un concept . On peut arriver à conclure que cette vérité est inaccessible, comme l’ont fait les sceptiques. On peut aussi arriver à l’idée que des passions et des illusions se masquent la logique et l’amour du vrai.. Mais ces conclusions correspondront à chaque fois à une investigation, une exploration en profondeur… Une tâche essentielle des philosophes, pour eux c’est chercher à dégager ce qu’il ya «  sous «  les questions que nous nous posons, mettre au jour le socle sur lequel repose tout le reste, telle est leur activité primordiale.

    CRITIQUER est leur deuxième grande tâche. Il s’agit toujours de prendre une distance envers les évidences. Elle doit nous permettre de voir autrement les évidences sur lesquelles reposent nos actes et nos jugements. Critiquer ce que nous croyons savoir , ce que nous tenons pour le plus vrai ou le mieux assuré, c’est éviter d’y être rivé, collé, figé sans mobilité ni recul.

    Ce rôle critique de la philosophie est bien connu. Encore faut il réellement s’exposer à le mettre en œuvre.. Or c’est toujours plus simple sans lui . Sans la critique, en effet le confort des monologues peut se poursuivre.. Au contraire, dès lors qu’on prend au sérieux cette dimension critique, c’est l’inconfort de la présence de l’autre, et le caractère intempestif de sa parole qu’il nous faut non seulement endurer, mais susciter et aussi en un sens apprendre à aimer. Ces deux rôles habituels de la philosophie continuent..

    LA PHILOSOPHIE


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  • L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible des roseaux, mais c’est un roseau pensant .

    On retrouve dans cette phrase le theme pascalien de la misère de l’homme, faible comme un roseau parce que mortel, et de la grandeur de l’homme parce qu’il dispose de la raison.

    Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme.

     J.J.ROUSSEAU                                                                                     

    la liberté est pour Rousseau ce qui définit l’homme. Renoncer à la liberté c’est renoncer à l’humanité qui est en nous, en d’autres termes, la liberté est inalienable, c’est à dire qu’on ne peut ni la donner ni la vendre.

    Des pensées sans matiere sont vides, des intuitions sans concept sont aveugles ……………………….E.KANT

    cette phrase résulte la theorie de la connaissance chez Kant.  Des pensées sans matieres sont des concepts qui ne se réfèrent à aucune intuition, la connaissance nécessite l’action de la faculté d’entendement qui procède au moyen d’intuition,c’est à dire qu’on ne peut connaitre que ce qui est donné dans l’intuition.

    Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant …………………………………..MONTAIGNE

    La mort est la conséquence de la vie. C’est pourquoi Montaigne considère que la sagesse est d’accepter notre mort et donc de philosopher, c’est apprendre à mourir, ce qui n’est rien d’autre qu’apprendre à vivre.

    Je pense, donc je suis                        DESCARTES

    Descartes formule la découverte du cogito dans le discours de la methode. A l’issue du doute, Descartes s’aperçoit qu’il est impossible de douter de la pensee, car douter c’est penser, or si je pense c’est que j’existe, il faut bien que j’existe.  La formulation laisse entendre que l’existence est déduite de la pensée.

    PENSEES PHILOSOPHIQUES COMMENTEES


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