• PHILOSOPHER EST UNE ACTIVITE

    V
    ous acceptez l'idée d'apprendre la philosophie ... Eh bien vous vous trompez ! Apprendre la philosophie, vous n'y arriverez pas.. Car elle n'est nulle part. Personne ne sait quoi vous dire de lire.. Aucun philosophe ne sera jamais d'accord avec son voisin pour affirmer " là se trouve la philosophie, lisez ce chapitre, ou ce livre, et à la fin vous saurez la philosophie"..... La philosophie ne s'apprend pas, il ne s'agit pas d'ingurgiter des connaissances. Il est question d'abord, et avant tout, de s'exercer à une activité. Peu importe, après tout, comment est dénommée cette activité. On peut l'appeler " pensée", " réflexion", " philosophie"... La dénomination,ici , n'a pas grand intérêt.. Ce qui compte, c'est que cette activité soit la vôtre.. Que ce soit votre pensée, votre réflexion qui s'exerce.. Penser est comme respirer, manger ou dormir, personne , absolument personne, ne peut le faire à votre place.. Pas même les philosophes!

    Chez les philosophes, vous allez pouvoir trouver des outils, des chemins déjà balisés, des aides. Mais vous ne trouverez pas votre propre pensée! celle ci, vous ne pourrez la repérer  que par vous même, dans votre propre tête, et pas ailleurs! il faut donc se dire que les ouvrages des grands penseurs, les systèmes existants, les raisonnements déjà exposés, sont là pour vous permettre d'aller plus loin, ou plus vite, ou plus nettement dans votre propre pensée. Aucun livre, ne pourra prendre votre place..

    D'un autre côté, il est évident que par soi-même, tout seul, sans aucune aide, aucun support, aucun point de départ, vous ne sauriez aller fort loin. Réinventer par vos propre forces  tout ce qui a déjà été pensé, c'est évidemment exclu! N'allez donc pas imaginer que vous pourriez, de manière spontanée tout concevoir.. Sans les instruments fournis par les philosophes, sans les questions sur lesquelles ils ont déjà travaille et les solutions qu'ils ont tenté de construire, vous resterez pratiquement sur place! c'est une évidence!  mais il est évident aussi que c'est vous qui allez comprendre, discuter, argumenter, et personne à votre place..

    Apprendre ce que disent les philosophes et le répéter, comme on apprend et répète l'altitude du Mont Blanc, ce n'est pas faire de la philosophie ...  Penser par soi même !!! voilà ce qu'il faut faire.. Il s'agit de s'emparer des idées existantes, de les trier, de les mettre à l'épreuve, pour voir celles qui conviennent le mieux, qui paraissent les plus convaincantes, les plus proches de l'idée que vous vous faites de la vérité .. C'est parfois long.. Il arrive que l'on soit dérouté .. Les choses ne se passent pas comme on l'imaginait...  Les points d'appuis que l'on croyait solides se dérobent, des questions surgissent de lieux que l'on croyait sans problèmes...Alors les embarras commencent ...Les aventures aussi ...

    D'autres articles suivront sur ce thème!

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  • On n’apprend pas la philosophie, on apprend à philosopher, écrit Kant. Que signifie cette distinction ? Philosopher ce n’est pas prendre possession de l’ensemble des doctrines philosophiques comme d’un savoir .C’est adopter une une certaine attitude intellectuelle face aux discours comme aux évènements, aux savoirs comme aux pratiques. C’est appréhender ceux ci autrement que nous ne le faisons spontanément,  mais c’est aussi adopter une nouvelle démarche intellectuelle en changeant, parfois même en inversant nos habitudes mentales.

     

     

     

    En un mot philosopher, c’est d’abord acquérir ce que l’on appelle la   » tournure d’esprit philosophique ». La tournure d’esprit se caractérise  par une méfiance à l’égard des certitudes et des évidences, des réponses toutes faites que l’on peut apporter aux questions que l’on nous pose ou qui se posent, des lieux communs et des généralités vides que l’on confond avec des vérités universelles. Cette tournure philosophique est faite de doute, de vigilance, d’étonnement qui nous conduisent à interroger et à analyser. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans le doute ou le soupçon mais de les utiliser pour accéder à une plus grande lucidité et pouvoir ainsi formuler  clairement les problèmes qui demandent à être approfondis et réfléchis soit parce qu’ils n’ont pas de solution préalable, soit parce qu’ils ne peuvent pas avoir de solution, mais qu’il est urgent de les penser . Il s’agit aussi de   » penser par soi même » , d’accéder, selon une formule de Kant à une majorité intellectuelle ou l’on devient responsable de ce que l’on dit, avec les risques que cela comporte.

     

    La tournure philosophique est ainsi plus qu’une manière de penser, elle est une manière d’être qui suppose le sens de la responsabilité  intellectuelle.

     

     

     

    Un but principal : clarifier la pensée. 

     

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    Le but de la philosophie est la clarification logique de la pensée. La philosophie n’est pas une doctrine mais une activité. Une oeuvre philosophique consiste essentiellement en élucidations. Le résultat de la philosophie n’est pas un nombre de « propositions philosophiques » mais le fait que des propositions s’éclaircissent. La philosophe a pour but de rendre claires et de délimiter rigoureusement  les pensées qui, autrement, sont troubles et floues.


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  • LES EPICURIENS ET LA RECHERCHE DU PLAISIR

    Si le plaisir, comme le dit Epicure, est le «  souverain bien » et le but de la morale, l’épicurisme n’est pourtant pas un appel à la débauche. Il s’agit au contraire d’une morale ascétique qui associe plaisir et vertu.

    Dès leur naissance, les hommes recherchent spontanément le plaisir, par la sensation de bien être, et fuient la douleur. Epicure estime qu’il est naturel de rechercher le plaisir, car c’est vivre en conformité avec la nature. L’homme malheureux est celui qui a oublié la nature en lui et qui s’égare dans des désirs vains et artificiels. Il lui faut revenir aux exigences naturelles et laisser la nature en lui être juge du bien comme du mal, plutôt que de vouloir juger par lui-même de la voie à suivre.

    C’est par la sensation du plaisir que la nature prononce en nous son jugement. S’il est naturel, le plaisir est ainsi limité : suivre la nature signifie rester dans les bornes que celle-ci impose. Pour ce faire, il convient de distinguer les désirs naturels des désirs vains, des désirs d’opinion. Certains désirs, enseigne Epicure, sont naturels et nécessaires ( boire ou manger), d’autres naturels non nécessaire ( désir sexuel ou esthétique), certains encore ni naturels ni nécessaires ( le désir de gloire ou d’opulence)..La poursuite de ces derniers conduit inévitablement les hommes à l’insatisfaction car ils sont déjà illimités et dépassent la norme naturelle.

    Seule la satisfaction des désirs naturels et nécessaires est source d’un plaisir stable.

    On a pu reprocher à Epicure de ne livrer qu’une définition négative du bonheur. Comment la privation ou l’absence de trouble pourraient-elles constituer le bonheur ? Cette absence de trouble est certes négative, mais comme le dit le philosophe français Marcel Conche commentant cette notion d’ataraxie «  l’absence de désordre est la positivité de l’équilibre » - Ainsi, le «  plaisir du ventre », c’est-à-dire la satisfaction des besoins vitaux, est la condition même de l’équilibre et de la sérénité.

     Pour être heureux, dira sobrement Epicure, il faut manger du pain et boire de l’eau. Le plaisir naturel est au fondement du bonheur véritable du sage. En effet, ne désirant rien qui excède les limites naturelles, celui-ci parvient à un état d’indépendance d’autarcie dans lequel le corps et l’âme s’équilibrent.

    LES EPICURIENS


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  • L’AUTRE VERSANT DE L’ÊTRE HUMAIN

     

    Il est plus facile de définir le désir par rapport à ses opposés que de dire en quoi il consiste. De Platon à Freud on a confronté le désir :

    - à la raison,

    - au besoin,

    -A la volonté.

    RAISON ET DESIR

    Dans Phedre, Platon compare l’âme à un attelage comprenant un cocher ( la raison)  et deux chevaux : l’un est blanc et obéissant, il symbolise le courage, l’autre est noir et rétif, il représente le désir… Après Platon, nombre de philosophes et de courants de pensée ont vu dans le désir une puissance obscure et aveugle qu’il convenait de maîtriser. Le bouddhisme en Inde va même jusqu’à voir dans le désir la source de tout mal     et dans sons extinction la délivrance de l’être humain…

    La raison est ordonnée alors que le désir est chaotique, elle est clairvoyante alors qu’il est aveugle, elle est libre alors qu’il est esclave, elle est bonne alors qu’il est mauvais.

    BESOIN ET DESIR

     Le désir a souvent été opposé au besoin, le besoin est physique, le désir psychique(ou social), le besoin est naturel, le désir culturel, le besoin est fini, le désir infini, le besoin est réel, le désir imaginaire, le besoin est de l’ordre du possible,le désir celui de l’impossible, le besoin est nécessaire, le désir est contingent…

    Dans notre confrontation, le désir apparaît comme un luxe, le besoin est lié à la nécessité… On meurt de ne pouvoir manger ou boire, on continue de vivre avec des désirs insatisfaits

    VOLONTE ET DESIR

     Le désir a été aussi opposé à la volonté :la volonté est rationnelle,le désir   irrationnel, la volonté est réaliste, le désir irréaliste, la volonté est consciente, le désir inconscient, la volonté est finie, le désir infini.

    Quelle différence y’a t-il entre un prisonnier qui veut sortir de prison et celui qui se contente d’en rêver ?

    Le premier fait tout pour y parvenir, son comportement, ses actes sont orientés vers cet objectif. Le second trouve dans son imagination une compensation à la froide réalité : il rêve seulement d’être libre

    LE DESTIN DU DESIR

    Un désir peut être :

    - satisfait, lorsque l’objet du désir est atteint :

    - refoulé, lorsque l’objet du désir n’est pas atteint et que le désir retourne à l’envoyeur( l’inconscient)..

    - sublimé, lorsque l’objet du désir n’est pas atteint mais que le désir trouve satisfaction indirecte, symbolique, dans un monde plus idéal ( l’art, la religion, l’action, le travail d’une manière générale) que celui d’où la pulsion vient …

     

    LE DESIR


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  • Certes, parmi les philosophes de ce qu’on appelle traditionnellement l’Antiquité classique, il y’eut des penseurs religieux qui croyaient à l’existence de Dieu ou des dieux, quel que fut par ailleurs le sens qu’ils donnaient à cette croyance , et “ l’utilisation” morale, spirituelle ou purement coutumière qu’ils en faisaient. Mais au moins à proprement parler n’y avait-il pas de Révélation. Aucun texte sacre ne prétendait transmettre aux hommes la volonté et les desseins de Dieu sur sa créature. Ou, si en cherchant bien ou mieux on pouvait retrouver quelque ébauche, ou même peut être même  une religion révélée … mais elle n’eut jamais l’universalité et l’extension des trois grandes religions monothéistes révélées : le judaïsme, le christianisme, , l’islam…
     

    Pour celles ci Dieu est “ Celui qui crée, qui révèle, qui sauve”, Création, révélation , rédemption sont les trois piliers de ces trois religions universelles à base commune, malgré leurs différences…
     

    Chacune de ces religions a rencontré à un moment ou à un autre  de sa vie , de son histoire, de son expansion,  le discours rationnel de la philosophie grecque et s’est confrontée à lui, à la fois pour en montrer les faiblesses et les insuffisances par rapport au “ tout “ de la foi.


    RENDRE LA RELIGION ET LA PHILOSOPHIE COMPATIBLES: tel fut le défi qui, à un moment ou à un autre , a préoccupé certains esprits, comme l’institution religieuse elle même. Supprimer la concurrence de deux vérités, soit pour démontrer que l’une ( la philosophie) dit autrement ce que l’autre (la religion) dit pleinement – donc pour démontrer que l’une ( la philosophie) prépare à l’autre ( la religion) – soit pour accorder les conflits pouvant exister entre les affirmations de l’autre, et au besoin trancher, selon les lumière de la foi…

    Démontrer par exemple , que si l’éternité du monde est philosophiquement pensable, elle est religieusement inacceptable, puisque la révélation a tranché en affirmant que le monde a commencé par un acte de création de la Divinité…

    Démontrer, d’autre part, que si ( dans le christianisme) la Trinité est philosophiquement impensable, elle n’en est pas moins religieusement pensable, fut ce comme mystère propre à ravir le croyant auquel Dieu fait confidence de sa vie intime…


    Mais la théologie et la philosophie sont elles compatibles ? Car même si la raison peut comprendre de quel mystè-re il s’agit, ou qu’il y’a un mystère dans ce qui qui lui est présenté comme vérité révélée, elle est  incapable  tant d’arriver au mystère que d’en déterminer la vérité ..


    La religion n’est pas que théologie, et la philosophie pas si pure de théologie, fut ce cachée ou hétérodoxe, qu’on le pense ou le souhaiterait …

    LES DEFIS RELIGIEUX


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