Eklablog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

PREVERT

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé


Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

JACQUES PREVERT



Un peu plus d'articles aujourd'hui  pour compenser mon absence de demain .. 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Il est superbe ce poème de Prévert... il contient tant de choses..<br /> Bonne journée à toi Sandys 
Répondre
S
oui tu as raison, et qui doit réveiller bien des consciences!!! bisous et bonne journée ! sandys
Répondre
C
un poème interrogateur.<br /> bonne journée<br /> clem 
Répondre
S
c'est la même réflexion que je me suis faite en l'ecrivant...avec un mal etre subltement..La conscience est là, elle nout met d'une certaine façon en garde sur le devenir de demain...voire<br /> d'aujourd'hui... Oui effectivement, ce texte pourrait accompagner ton article sur les deux SDF... Merci pour ton commentaire, passe une très bonne journée! bisous! sandys
Répondre
A
Je suis très sensible à ce superbe  texte de Prévert. On passe pour ne pas voir, pour ne pas se voir, car on sait confusément qu'une fois assis sur ce banc, notre conscience, telle  un<br /> impitoyable miroir, ne nous fera pas de cadeau. S'asseoir, prendre le temps de se souvenir de qui nous sommes. Il y a de quoi être effrayé !<br /> Merci de ce moment qui aurait bien plu à mes deux SDF.<br /> Amitiés. Alain
Répondre