• INNOCENCE DE L’ENFANCE.

     

     Oh! vous qui cherchiez au fond de votre coeur,

     

    la clef perdue de la paix et du bonheur,

     

    regardez cet enfant qui contemple le ciel,

     

    dégustez son sourire comme une goutte de miel.

     

    ……….

     

    Vous verrez l’univers, dans ses yeux, plus beau

     

    l’amour se baignant dans les eaux des ruisseaux,

     

    venir réveiller dans nos coeurs le conscience

     

    que nous avions égaréé dans le silence!

     

     ……….

     

    Oh! qu’elle est belle! qu’elle est jolie, l’innocence!

     

    rien n’est plus beau que le visage de l’enfance!

     

    qu’il est beau de rêver, de rester enfant,

     

    pour revivre tous les beaux souvenirs d’antan!

     

     


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  • Les Roses et toutes les fleurs

     

     

     

    Toutes les fleurs, certes, je les adore.
    Les pâles lys aux saluts langoureux.
    Les lys fluets dont le satin se dore.
    Dans leur calice d'ors poudreux.
    Et les bluets bleus,
    Dont l'azur décore
    Les blés onduleux,
    Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
    De ses doigts frileux.
    Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
    Cependant que de folles gloses
    S'emplissent les jardins heureux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.
    Toutes les fleurs, certes, je les adore .
    Les cyclamens aux fragiles bouquets,
    Les mimosas dont le buisson se dore,
    Et les chers jasmins si coquets,
    Et les doux genêts,
    Dont la brise odore,
    Et les fins muguets,
    Les muguets d'argent,
    Si frais quand l'aurore
    Mouille les bosquets.
    Mais surtout, surtout je suis amoureux,
    Cependant que de folles gloses
    S'emplissent les jardins heureux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.
    Toutes les fleurs, certes, je les adore.
    Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
    Les clairs soucis dont la lumière dore
    Tes cheveux aux blondeurs de thé,
    L'iris velouté
    Qui te prête encore
    Sa gracilité,
    Et l'œillet qui met ta joue et l'aurore
    En rivalité .
    Mais surtout, surtout je suis amoureux,
    Dans tes chères lèvres décloses
    Et dans les cernes de tes yeux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.

    Edmond Rostand.

     

     


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  • Les orphelins


    jeanine ouvrant les rideaux, et montrant les enfants a son mari


       La grand-mère était morte. Deux petits enfants étaient abandonnés.

     Jeannie, femme d’un pauvre pêcheur, vint les prendre et les emporta chez elle.

    . Quand son mari rentra, elle lui dit:

    «Notre voisine vient de mourir. Elle laisse deux orphelins. Que faut-il en faire?» 

    - «Diable! diable! dit-il, en se grattant la tête,


    Nous avions cinq enfants, cela va faire sept..
    .

    Bah!  tant pis! Ce n’est pas ma faute...


    Femme,, va les chercher. S’ils se sont réveillés,

    Ils doivent avoir peur, tous seuls avec la morte...


    Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,

    Cela nous grimpera, le soir, sur les genoux.


    Ils vivront, ils seront frère et sœur des cinq autres...


    Moi, je boirai de l'eau. je ferai double tâche. C’est dit, va les chercher.

     Mais qu’as-tu? Ça te fâche? D’ordinaire, tu cours plus vite que cela.

    -Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!»


    Victor Hugo
      


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  • Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
    Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
    Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
    Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
    Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
    L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
    Il semble que tout rit, et que les arbres verts
    Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
    Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
    Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
    A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
    Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

     

    Victor Hugo

    PRINTEMPS


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  • Hymne au soleil ..

    . Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière

    , Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,

    Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

    Se divise et demeure entière Ainsi que l'amour maternel

    ! Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,

    Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu

    Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,

    L'humble vitre d'une fenêtre

    Pour lancer ton dernier adieu !

    Tu fais tourner les tournesols du presbytère,

    Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,

    Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,

    Tu fais bouger des ronds par terre

    Si beaux qu'on n'ose plus marcher !

    Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !

    Sois béni parmi l'herbe et contre les portails

    ! Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !

    Ô toi qui fais les grandes lignes Et qui fais les petits détails!

    C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre

    Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit

    , De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,

    A chaque objet donnant une ombre

    Souvent plus charmante que lui !

    Je t'adore, Soleil

    ! Tu mets dans l'air des roses,

    Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !

    Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses

    ! Ô Soleil ! toi sans qui les choses

    Ne seraient que ce qu'elles sont

     

    ! Edmond ROSTAND

    HYMNE AU SOLEIL.....EDMOND ROSTAND


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