• Ravie de vous retrouver après quelques mois d'absence ...

    j'espère que vos vacances se sont bien passées , et que la reprise n'est pas trop difficile pour ceux et celles qui travaillent ...

    Pour rester encore dans cette période de fin d'été , voici une poèsie que j'aime beaucoup ...

     

    LA MER

    Loin des grands rochers noirs que baise la marée,

    La mer calme, la mer au murmure endormeur,

    Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,

    Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.

     

    La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,

    Au profond de son lit de nacre inviolé

    Redescend,pour dormir, loin, bien loin du rivage

    Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

     

    La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire

    A l'écart, en secret, son immense tourment

    Que la faune amoureuse, au large se retire,

    Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.

     

    Et la brise n'apporte à la terre jalouse,

    Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :

    L'âme des océans frémit comme une épouse

    Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

     

    NEREE BEAUCHEMIN

      

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    Le poète quebecois Nérée Beauchemin est considéré comme l'un des premiers écrivains du terroir. Sincérité des mots, simplicité des vers et amour fidèle de la patrie, c'est à dire de sa région, caractérisent sa poèsie. Ses vers présentent le monde harmonieux qui entoure le poète par une évocation materielle et précise. Les thèmes de l'art, la beauté, la nature, la religion et la fidélité y sont développés.

     

     

     

     


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    UNE FEMME EST L'AMOUR

     

    Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance

    Aux enfants qu'elle guide,à l'homme consolé

    Elle élève le coeur et calme la souffrance.

    Comme un esprit des cieux sur la terre exilée.

     

    Courbé par le travail ou par la destinée,

    l'homme a sa voix s'éleve et son front s'éclaircit,

    Toujours impatient dans sa course bornée,

    Un sourire le dompte et son coeur s'adoucit.

     

    Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :

    Bien longtemps à l'attendre il faut se résigner

    Mais qui n'aimerait pas, dans sa grâce sereine,

    La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

     

    GERARD DE NERVAL                                                                             

     

     


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    L'oiseau et la mer


    L’oiseau que je réchauffe au cœur de cet hiver
    Est un oiseau des îles qui regrette la mer
    Son duvet m’est douceur et son chant m’est tendresse
    Mais il tremble - et j’ai peur que bientôt il ne cesse.

    Car je le tiens en cage et je vois son plumage
    Se ternir et ses yeux, qui reflètent la mer,
    Cherchent mon regard pour y lire mon âge ;
    Et son decrescendo me fait froid dans le dos.

    Je le serre pourtant sur mon cœur en déroute
    Mais je sais qu’un adieu va crucifier nos routes …
    Oui je sais qu’un oiseau, quand il est réchauffé,

    Quand le vent qui le porte se remet à souffler,
    Quitte la cage ouverte et retourne voler
    A plein cœur vers le Sud, vers la mer et l’amour

    JEAN MARIN SERRE

     


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    A UNE PASSANTE

     

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.
    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
    Une femme passa, d'une main fastueuse
    Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.
    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
    Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
    Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
    Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

    Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
    Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
    Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais

     

    CHARLES BAUDELAIRE

     


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  • Le soir, quand pour dormir, elle a défait ses tresses
    Et me laisse à genoux baiser ses cheveux longs,
    J'aime, en les renattant, à couvrir de caresses
    Les premiers fils d'argent éclos dans ces fils blonds.

    J'y lis tout un passé de soucis et de crainte
    J'y vois mes maux d'enfant qui l'ont tant fait souffrir
    Et chaque nuit veillée a laissé son empreinte
    Sur ce front adoré que le temps va flétrir.

    Des efforts qu'elle a faits pour me rendre meilleure,
    Plus vaillante, plus sage et plus digne d'amour
    Pour soulager qui souffre et consoler qui pleure,
    Chacun de ces fils blancs me représente un jour.

    Aussi tous les joyaux et tout l'éclat d'un trône
    La rendraient bien moins belle à mes yeux attendris,
    Bien moins chère à mon coeur que la double couronne
    De sa bonté pensive et de ses cheveux gris.

    C'est pourquoi, quand, le soir, elle a défait ses tresses
    Qui baignent son front pur de leur reflet changeant
    J'aime à compter tout bas, par autant de caresses,
    Entre ces fils dorés les premiers fils d'argent.

     MARIE DE VALANDRE

     




     



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