• Les Roses et toutes les fleurs

     

     

     

    Toutes les fleurs, certes, je les adore.
    Les pâles lys aux saluts langoureux.
    Les lys fluets dont le satin se dore.
    Dans leur calice d'ors poudreux.
    Et les bluets bleus,
    Dont l'azur décore
    Les blés onduleux,
    Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
    De ses doigts frileux.
    Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
    Cependant que de folles gloses
    S'emplissent les jardins heureux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.
    Toutes les fleurs, certes, je les adore .
    Les cyclamens aux fragiles bouquets,
    Les mimosas dont le buisson se dore,
    Et les chers jasmins si coquets,
    Et les doux genêts,
    Dont la brise odore,
    Et les fins muguets,
    Les muguets d'argent,
    Si frais quand l'aurore
    Mouille les bosquets.
    Mais surtout, surtout je suis amoureux,
    Cependant que de folles gloses
    S'emplissent les jardins heureux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.
    Toutes les fleurs, certes, je les adore.
    Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
    Les clairs soucis dont la lumière dore
    Tes cheveux aux blondeurs de thé,
    L'iris velouté
    Qui te prête encore
    Sa gracilité,
    Et l'œillet qui met ta joue et l'aurore
    En rivalité .
    Mais surtout, surtout je suis amoureux,
    Dans tes chères lèvres décloses
    Et dans les cernes de tes yeux,
    Des lilas lilas
    Et des roses roses.

    Edmond Rostand.

     

     


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  • L'historien répond à une exigence de vérité. Le problème étant qu'il raconte un passé auquel il n'a pas été présent. Toutefois cette exigence de vérité ne suffit pas à faire de l'histoire une science. Toute science a pour but de dégager des constantes ou lois universelles et prédicatives. Or, l'histoire est une discipline purement empirique: il n'y a pas de lois universelles de l'histoire comme il ya   des lois en physique. L'histoire peut seulement nous enseigner comment les choses se sont passées et non comment elles se passeront.

     

    Si donc nous définissons une science par son objet, alors l'histoire n'est pas une discipline scientifique: en revanche, elle l'est peut être par sa méthode : l'historien a pour but de dire ce qui s'est réellement passé à partir de traces qu'il authentifie et interprète.

     

     

     

     

    EN QUOI CONSISTE LE TRAVAIL DE L'HISTORIEN

     

    Le travail de l'historien est un travail d'interprétation : il ne s'agit pas simplement pour lui de faire une chronologie, mais d'établir le sens et l'importance des évènements ainsi que leurs relations. L'historien ne doit pas expliquer les chaînes causales et établir des lois, mais comprendre un sens, aussi l'objectivité historique n'a t-elle rien à voir avec l'objectivité scientifique: étant une interprétation.  L'histoire peut et doit toujours être  réécrite. En ce sens, l'histoire est seulement la façon dont l'homme s'approprie un passé qui n'est pas seulement le sien .

     

     

     

    POURQUOI FAISONS NOUS DE L'HISTOIRE

     

    Nous faisons de l'histoire non pour prévoir notre avenir, mais pour garder trace de notre passé, parce que nous nous posons la question de notre propre identité: c'est parce que l'homme est en quête de lui même , parce qu'il est un être inachevé qui ne sait rien de son avenir qu'il s'intéresse à son passé. Par l'histoire, l'homme construit et maintient son identité dans le temps.


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  • Pour comprendre ce qu'est une communication de qualité, le mot clé est justement celui de compétence. Certains, bénis des dieux, communiquent d'instinct, c'est un don naturel, mais pour la plupart d'entre nous, il s'agit d'une compétence qui s'acquiert, heureusement c'est possible. Paradoxe spectaculaire: ceux qui communiquent le mieux sont toujours ceux qui écoutent le mieux; ce ne sont pas nécessairement ceux qui s'expriment le mieux. On nous a appris à parler, mais jamais à écouter. L'écoute efficace n'est pas toujours facile, elle exige de s'intéresser à l'autre, de faire preuve de patience et de concentration.  En général, c'est plus drôle de parler que d'écouter. Le problème, c'est que la plupart des gens vont dans le sens de leurs préférences: c'est pour cela que si peu savent écouter. Si nous nous entraînons à écouter, à écouter vraiment ce que disent les autres ,nous découvrirons peut être à quel point cela nous est peu familier : il n'est pas si simple de laisser quelqu'un s'exprimer à fond,  tout en se concentrant  sur ce que dit  cette personne et non sur ce que nous grillons de lui répondre. .

     

    Savoir bien communiquer, c'est aussi avoir à sa disposition une panoplie de compétences aussi bien pour résoudre les problèmes que pour offrir son appui. Ce sont deux séries de techniques différentes, à appliquer dans des circonstances différentes.

    LA COMMUNICATION

     

    La résolution des problèmes est une excellente forme de communication quand - et seulement quand- on vous demande conseil. Mais là ou le bât blesse, c'est que la recette est parfois trop facile et l'on a tendance à en abuser.. Vous risquez de prodiguer vos conseils bien avant que l'on ne vous les demande. Il y'a de fortes chances pour que vous généralisiez ce type de compétence à l'ensemble de vos communications, du coup, vous serez surpris de constater que certains réagissent de façon négative à vos conseils non sollicités.

     

    La communication de soutien c'est le contraire de la résolution des problèmes, vous ne dites mot sur ce que vous pensez ,vous vous abstenez de donner des conseils ,sauf si on vous le demande. Cette communication permet à l'autre de se sentir bien en résolvant son problème lui même. Elle consiste à laisser l'autre dire tout ce qu'il désire dire ,sans l'interrompre ni le contredire.  La conversation de soutien commence par une écoute efficace.  Le soutien signifie que l'autre sait que vous êtes là avec lui, que vous l'écoutez et que vous, vous vous abstenez de l'attaquer. La communication de soutien est un outil très puissant , pour la pratiquer de façon efficace, il faut posseder  l'estime de soi même.

     

    Les psychologues, les éducateurs, les infirmières et les assistantes sociales intervenant dans le secteur social ou paramédical sont avantagés dans la mesure où ils ont appris la communication de soutien dans le cadre de leur formation. Mais il est surprenant de constater combien peu nous appliquons nos connaissances professionnelles dans notre vie privée. Or le meilleur endroit où nous puissions exercer nos connaissances en communication c'est chez nous. C'est là que vivent les gens que nous aimons et qui nous aiment. Et pourtant, c'est l'endroit au monde où il nous est le plus difficile de mettre en pratique cette attitude de soutien.

     

     


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  • LE PLUS INSAISISSABLE DES PHILOSOPHES


    Il y' a une énigme Platon  que les interprètes n'ont pas fini de débrouiller après vingt quatre siècles. Ces oeuvres si belles, si littéraires, si limpides , nous ne savons pas exactement quel est leur statut. L'homme Platon, avec sa pensée, se cache en effet dans son oeuvre sous les noms des interlocuteurs de ses dialogues, celui de Socrate en particulier. Il ne parle jamais en son nom propre , excepte dans des lettres dont l'authenticité a été contestée.. Le cas est unique dans l'histoire de la philosophie : lorsque Descartes écrit " le discours de la méthode," , Kant " la critique de la raison pure " ou Nietzche " la Naissance de la tragédie" , on sait que ces auteurs parlent en leur nom propre et qu'ils sont derrière chacune des pensées exprimées dans ces ouvrages. Rien de tel avec Platon...

    Il aimait le pastiche, se plaisait a caricaturer le discours de tous ceux qu'il considérait comme des ennemis de la sagesse, vrais antiphilosophes .

    La rencontre de Socrate décida du destin de Platon... Le Jeune Platon, aristocrate de naissance, brûla alors les tragédies qu'ils avait écrites.. La philosophie serait sa voie et sa vie. Mais si la frequentation du maitre détourne le jeune Platon d'une carrière de poète tragique, n'allons pas croire que l'appel de la dramaturgie été complètement étouffé.

    Platon n'a qu'une vingtaine d'années lorsque son maître bien aimé est condamné à mort. Il est tellement malade qu'il ne peut assister aux sublimes derniers moments du sage dans sa prison et qu'il rapporte lui même dans Phdédon. Cette condamnation et cette mort furent pour Platon un traumatisme qui décida peut être de toute sa pensée : que faut -il faire pour qu'un tel scandale ne puisse plus se reproduire 
    Comme Pythagore, Platon pense que la philosophie ne peut exister que dans une communauté d'hommes bien dirigée. Il n'est pas impossible de lire Platon comme un philosophe essentiellement politique. Platon avait caressé un rêve : celui de devenir le conseiller  du prince : celui de faire du prince un philosophe.. Le hasard aura voulu que Platon tombe sur un tyran Denys de Syracuse. Expérience amère : Platon fut vendu cmme esclave par celui qu'il prétendait transformer en sage!!  Plus tard, Voltaire se plaindra d'être traité en domestique par le roi de Prusse.. Les philosophes ne se sont jamais vraiment rendus compte à quel point ils pouvaient énerver les gens du pouvoir ..  Ce n' est pas parce qu'une pensée est nécessaire que son auteur est indispensable ..


    Le platonisme est le modèle de tous les dualismes philosophiques  : le monde est cassé en deux parts inégales :

    D'un coté  l'être, de l'autre l'apparence, d'un coté la réalité, de l'autre l'illusion, d'un coté la vérité, de l'autre le mensonge .

    Philosopher c'est apprendre à mourir...en transcrivant cette phrase de Platon, Montaigne l'a tirée vers un sens stoïcien  qu'elle n'avait pas à l'origine ..  L'interprétation la plus simple consiste à dire : être sage, posséder la sagesse, c'est s'habituer à la pensée de la mort pour ne plus la craindre... Seulement, on n'apprend jamais vraiment à mourir ..

    Platon plus profondément voulait dire ceci : comme il y'a deux mondes hors de l'homme ( l'intelligible e le sensible) , il y'a deux mondes en l'homme : l'âme , et le corps ..   Philosopher c'est oublier les soucis du corps au profit de l'âme, c'est mettre le corps entre parenthèses pour permettre à l'âme ainsi libérée de se déployer et d'atteindre les idées .. Philosopher, c'est mimer la mort .. L'homme sage joue la mort pour la déjouer ..  

     

     


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  • Les orphelins


    jeanine ouvrant les rideaux, et montrant les enfants a son mari


       La grand-mère était morte. Deux petits enfants étaient abandonnés.

     Jeannie, femme d’un pauvre pêcheur, vint les prendre et les emporta chez elle.

    . Quand son mari rentra, elle lui dit:

    «Notre voisine vient de mourir. Elle laisse deux orphelins. Que faut-il en faire?» 

    - «Diable! diable! dit-il, en se grattant la tête,


    Nous avions cinq enfants, cela va faire sept..
    .

    Bah!  tant pis! Ce n’est pas ma faute...


    Femme,, va les chercher. S’ils se sont réveillés,

    Ils doivent avoir peur, tous seuls avec la morte...


    Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,

    Cela nous grimpera, le soir, sur les genoux.


    Ils vivront, ils seront frère et sœur des cinq autres...


    Moi, je boirai de l'eau. je ferai double tâche. C’est dit, va les chercher.

     Mais qu’as-tu? Ça te fâche? D’ordinaire, tu cours plus vite que cela.

    -Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!»


    Victor Hugo
      


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